De gauche à droite, B. Delemotte (verts), F. Lec (PS) et L. Beuvain (PCF), lors de la conférence de presse




Déclaration de la section d’Amiens du PCF
Laurent Beuvain


Nous vivons l’une des plus graves crises économiques de notre histoire. Elle est mondiale. L’effondrement des bourses, des grands établissements financiers et industriels vont avoir des conséquences redoutables. Si l’on ne fait rien, c’est toute l’économie qui va être touchée, les salaires, l’emploi, les retraites, le logement, l’accès à la santé, les services publics…

En bref, c’est la vie quotidienne et l’avenir de chacun d’entre nous qui est en jeu.

Pendant ce temps, des entreprises profitent de la crise pour imposer le massacre de l’emploi. C’est profondément scandaleux.

Des milliards d’euros ont été trouvés pour sauver les banques et le monde de la finance.

Ce sont 360 milliards que l’état français leur a accordé, en une seule nuit alors que les libéraux martèlent que les caisses de l’état et des entreprises sont vides !

Autant de milliards trouvés pour le plan de relance en direction du soutien aux entreprises pour accompagner les logiques de gestion des grands groupes, sans remise en cause de leur politique est désastreuse pour l’emploi et les territoires.

Sans oublier que dans le même temps, les firmes du CAC40 ont engrangé des profits record, (+12 par rapport à 2007) et qu’elles ont orienté des milliards afin d’honorer les parachutes dorés. C’est une honte, une provocation jetée au visage des salariés, du monde du travail, des précaires, des retraités… qui eux seront les victimes des politiques de l’échec.

Pour ne prendre que des groupes sévissant en Picardie : Valeo, Thierry Morin doit percevoir des indemnités de 3,2m€ en 2009, quand les salaires des Valeo sont gelés et des licenciements sont en prévision.

Chez EADS, Noel Forgeard percevra 8,2m€ et dans le même temps il envisage de supprimer des milliers d’emplois.

Ou encore, 6,9 milliards du plan de relance, d’aides au secteur automobile dont il faut penser qu’ils vont pour l’essentiel financer les plans sociaux du secteur. Et c’est Peugeot qui annonce dès le lendemain des milliers de suppressions d’emplois. De qui se moque t-on ?

Pourquoi cet argent n’est –il pas disponible pour répondre aux besoins sociaux ?

De l’argent il y en a, mais toujours pas pour augmenter les salaires, améliorer les conditions de travail, améliorer la santé, avoir une vraie politique environnementale ou pour investir dans la recherche et pour répondre aux besoins grandissants de nos populations au quotidien.

Les politiques d’entreprises basées sur le tout financier et la rentabilité jettent à la rue des centaines de milliers de salariés. Demain les Goodyear d’Amiens vont être les premières victimes de ce jeu de la rentabilité financière à tout prix.

En Picardie, à Amiens, c’est dramatique ! Nous partageons la colère des travailleurs licenciés ou menacés de l’être ! Nous affirmons notre solidarité avec les Conti, les Goodyear, les Valeo, les Dunlop, les Whirlpool etc…

Car dans beaucoup de cas, la crise a bon dos. Il s’agit d’aller faire plus de profits encore en supprimant des emplois, en délocalisant. Nous soutenons les dispositifs mis en place en Picardie et dans notre département pour venir en aides aux TPE, PME en difficultés et aux salariés licenciés ou menacés de l’être.

Mais nous restons vigilants pour que les aides publiques ne viennent pas grossir les dividendes des entreprises, pour quelles servent véritablement à l’emploi, les salariés et que les organisations syndicales soient bien associées et que les salariés soient bien informés de ces aides.

Quand au dispositif « former plutôt que chômer » il n’est pas question qu’il serve à dédouaner les entreprises de leur responsabilités et du financement de la formation et du chômage.

Pas question qu’il soit une activité occupationnelle pour remplacer le chômage. La formation doit servir les salariés. Elle doit inscrire les personnes dans un parcours professionnel. Les syndicats ou en leur absence les salariés, doivent être associé au plan afin que celui-ci réponde bien à cette préoccupation.

Nous pensons qu’il y a des mesures d’urgence à prendre pour éviter les licenciements, les suppressions d’emplois.

Il s’agit d’opposer des mesures radicales.

C’est d’abord relancer l’économie.

Pour en finir avec l’austérité salariale il faut relancer la consommation des ménages (qui représente 50% du PIB) en relevant leur pouvoir d’achat.

Il faut augmenter les salaires substantiellement comme en Guadeloupe, il faut augmenter le smic, les minima sociaux et toute la grille des salaires. Oui, il est plus que jamais d’actualité de replacer dans le paysage économique la nécessité de réévaluation de l’échelle des salaires.

Mais dans l’immédiat il faut stopper tous les plans de licenciements.

Il est inadmissible que les entreprises qui font des profits puissent licencier. Il faut le leur interdire la redistribution de dividende qui doivent être réquisitionnés contre les licenciements.

La seule interdiction de licencier ne répond pas à toutes les situations. Il faut donner des droits nouveaux (un pouvoir d’opposition, un droit de veto des CE) permettant partout aux salariés, aux syndicats et aux élus, aux populations des bassins concernés, de proposer et faire prendre en compte des solutions alternatives garantissant l’emploi et le développement des sites industriels et des territoires.

- des solutions visant à baisser d’autres coûts que les coûts salariaux, les charges financières par exemple qui asphyxient les entreprises notamment les PME.

- des solutions visant à mutualiser certaines dépenses comme la recherche et la formation par exemple.

Il est possible aussi de réorienter les aides aux entreprises vers un pôle public financier pour promouvoir les investissements économiques et industriels.

Au delà de la responsabilité de l’état et du patronat il est possible dans nos collectivités qui sont de gauche de pousser à une autre utilisation des fonds qu’elles destinent aux aides actuelles. Et nous réitérons notre proposition d’un fonds national et régional pour l’emploi et la formation.

Il s’agirait de rendre d’autant moins coûteux les crédits, que ceux-ci financeraient de l’emploi qualifié, de la formation.

Cela permettrait de financer des projets portés par les salariés et leurs syndicats, autour du développement humain.

Nous, au Parti communiste, nous pensons que c’est possible, à condition d’agir sans tarder, en inversant les grands choix politiques. Nous faisons des propositions pour cela. Nos élus, nos parlementaires partout les défendent.

Il faut des pouvoirs aux travailleurs leur permettant d’intervenir sur l’utilisation de l’argent, la gestion des entreprises !

Les communistes proposent de mettre en débat des lois novatrices. Le 28 mai, les députés communistes soumettront au vote trois projets de lois pour porter à l’Assemblée nationale les exigences des mouvements sociaux. Messieurs les députés de gauche, le 28 mai, l’ensemble des salariés vont vous regarder attentivement !

Les députés communistes porteront des propositions alternatives visant notamment à prévenir les licenciements économiques et à sauvegarder l’emploi, à augmenter les salaires, à donner des droits nouveaux aux salariés et à leurs instances représentatives, à promouvoir une autre répartition des richesses en proposant :

- Des pouvoirs aux salariés leur permettant de s’opposer aux licenciements et d’agir pour une autre gestion des entreprises, une autre utilisation de l’argent et du crédit.

- L’interdiction des licenciements pour les entreprises qui distribuent des dividendes – droit de veto suspensif des Comités d’entreprise pour toute suppression d’emploi et obligation d’examen des contre-propositions des salariés

- Le développement, avec un pôle public bancaire, d’un nouveau crédit sélectif, permettant de baisser les charges financières des entreprises qui développent l’emploi et la formation ; l’arrêt des exonérations de cotisations sociales patronales et l’aide aux PME et TPE

- Le contrôle de l’utilisation des fonds publics en les mettant au service de l’emploi et de la formation, la suspension de toute aide de l’État aux groupes qui veulent supprimer des emplois et le remboursement des aides indûment perçues

- L’annulation des suppressions d’emplois publics, le développement des services publics dans tous les territoires : Poste, école, santé, université…

- Des mesures urgentes de justice sociale en faveur de l’emploi, des salaires et du pouvoir d’achat : augmentation des salaires, retraites et minima sociaux; SMIC à 1 600 euros

- Fiscalité : annulation du bouclier fiscal et suppression des stock-options

- Europe : respect du vote majoritaire du peuple français contre le TCE avec la sortie des traités de Maastricht, Nice ou Lisbonne pour construire une Europe, libérée des dogmes ultralibéraux et imposer dans les urnes une Europe de la solidarité, de la fraternité, de la paix, antilibérale, féministe, pacifique…une Europe des peuples.

Le 28 mai prochain, dans l’unité, la convergence des luttes, la solidarité du monde du travail, nous pouvons ensemble donner un prolongement aux mobilisations de 2009 et contribuer à transformer la colère en alternative politique jusqu’au parlement avant de l’imposer dans les urnes lors des élections européennes.

"Messieurs les députés, qui à Amiens, dans la Somme ou en Picardie accompagnez les salariés en lutte, votez les lois déposée par le PCF interdisant les licenciements !".

Les salariés, les populations fragilisées, nous-mêmes, jugerons de l’attitude des parlementaires lors du débat et du vote le 28 mai prochain.