lundi 6 juillet 2009, 16:31
Conseil municipal du jeudi 25 juin 2009
Délibération "subvention aux établissements privés" Déclaration de Mr Laurent Beuvain, Président du groupe "Communistes et Citoyens"
Monsieur le Maire, Cher-s-s Collègues,
Permettez-moi avant tout une petite devinette! Qui a dit: "Un pays qui croit dans l'avenir, c'est un pays qui investit dans l'éducation de ses enfants…"?
En bien il s'agit de Monsieur Luc Chatel, fraîchement nommé ministre de l'éducation nationale, dans son discours de prise de fonction mardi 23 juin, en remplacement de Monsieur Darcos, partit sévir ou créer le miracle au ministère l'emploi… mais ne nous faisons aucunes illusions!
Derrière le discours de Luc Chatel, c'est la continuité du grand écart entre les déclarations et les actes.
Jugez plutôt cher-e-s collègues. Entre 2007 et 2009 ce sont 24 700 emplois qui ont été supprimés dans l'éducation nationale. 16 000 sont de nouveaux programmés pour l'année 2010 afin de totaliser 80 000 suppressions de postes cumulés d'ici la fin 2012!
Chacun constatera avec effroi que la saignée continue dans l'éducation et qu'elle résonne comme une véritable entreprise de casse du service public de l'enseignement, de la maternelle jusqu'à l'université.
Nous vivons la pire attaque contre l'école républicaine et laïque de notre histoire. Il va falloir y mettre un terme.
Mais permettez-moi un aparté en réponse aux propos de l'un de nos collègues affirmant l'état d'abandon de la ville d'Amiens en 1989.
Si c'était le cas, ce qui est archi faux, comment justifiez-vous notre engagement annuel de 6 millions d'euros pour subvenir aux réhabilitations, réaménagements des écoles amiénoises pour un total de près de 36 millions pour l'ensemble de notre mandat!
Ce soir Monsieur le Maire, vous nous proposez de voter une délibération attribuant des fonds publics aux établissements privés. Allons-nous sombrer par esprit de revanche avec des mesures de rétorsions? Non, car nous sommes responsables et nous ne ferons pas porter aux personnels enseignants et d'encadrement, aux enfants et aux familles fréquentant les établissements privés, les erreurs d'un gouvernement qui bafoue ses obligations régaliennes en direction de l'école laïque.
Et par la même logique nous tordrons le cou à cette funeste rumeur, à ce mensonge propagé par nos adversaires entre les deux tours des élections municipales selon laquelle nous allions liquider les établissements privés. ils en seront pour leurs frais…
Monsieur le Maire, Cher-e-s collègues,
Nous serons fidèles aux engagements politiques pris devant les électeurs et dans notre accord politique comme nous serons fidèles à l'esprit d'une précédente délibération visant à ne pas pénaliser les établissements privés, mais en poursuivant progressivement la diminution des dotations publiques afin que celles-ci respectent au centime près, ni plus, ce pourquoi la loi nous astreint.
Evidement nous restons critiques sur ce mode de financement, mais nous n'ouvrirons pas une guerre des écoles au sein de notre assemblée. Il appartiendra aux futurs législateurs, les parlementaires de changer la loi et de trouver des modes alternatifs de subventionnement qui ne sauraient continuer de plomber les finances de nos collectivités déjà mises à mal.
Nous continuerons de travailler sans relâche, pour que dans les temps futurs, d'autres gouvernements replacent le budget de l'école public, laïque, républicaine comme la priorité de l'action politique, seul gage d'efficacité et d'égalité des chances pour la réussite de toutes et tous.
Je vous remercie.

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