Monsieur le Maire,
Cher-e-s Collègues,
Si les élu-e-s « Communistes et Citoyens » devaient résumer le débat de ce soir nous annoncerions, « 2010 un budget en résistance qui va compter pour satisfaire aux besoins quotidiens des amiénois, un budget à l’offensive et ambitieux sur des orientations politiques longtemps laissées en jachères».
Dans le même temps le groupe « Communistes et Citoyens » ne peut se priver de déclamer à l’encontre des politiques drastiques de l’Etat :
« M’en voudrez vous beaucoup, si je vous dit une France, ou l’on punit ainsi celles et ceux qui veulent sauver les services publics et l’exception culturelle de nos institutions, de nos populations, de nos politiques de solidarités ?
M’en voudrez vous beaucoup si je vous dit une France, ou l’on n’est pas toujours du côté du plus fort ! »
M’en voudrez vous beaucoup, si je vous dis une ville, ou la révolte politique gronde à la hauteur d’un budget inégalé depuis les 20 dernières années.
Et ce se soir, pour rester fidèle à la chanson de Ferrat, notre mémoire ne chantera pas en sourdine pour valoriser nos politiques volontaires tellement décriées et niées par l’opposition. Que cela s’entende.
Chacun sait qu’à Amiens, la rumeur à un triste et pénible vécu.
Comme chacun se souvient que celles et ceux qui l’ont animé et colporté ont au final, couverts de honte, longés les murs pour se faire oublier. Février 2008 devrait vous rappeler à plus de réserve sur les critiques que vous énoncées et sur la sanction qui vous a frappé !
Il y a quelque chose d’assez amusant à entendre la droite nous expliquer que nous n’avions pas prévu ou anticiper la crise. Décidément, vos leçons de prospective économique, vous pouvez vous les garder. On a évidemment le droit de tout dire. On n’est pas pour autant obligé de se ridiculiser en disant n’importe quoi aux Amiénois ! Les sujets métropolitains c’est la semaine que nous aborderons Mme Bougon !
Et comme par exemple relayer les messages présidentiels avec mensonge.
Heureusement qu’avec la télé couleur, lorsqu’ils se présentent la main sur le cœur nous assurer que les impôts n’augmenterons pas, qu’aucune privatisation du service public ne s’opérera, on a au moins la satisfaction de les voir rougir de leur mensonge! Révélateur non ?
Alors, pour nous la gauche, à qui les Amiénois ont donné mandat pour gérer, il s’agit précisément de voir comment, dans ce contexte, nous pouvons promouvoir un autre type de développement que celui qui a conduit à la crise et que vous avez renforcé pour les amiénois en laissant notamment partir au naufrage un grand nombre d’entreprises, d’emplois et une dette pesante !
Face à un monde qui bouge, il vaut mieux penser le changement plutôt que changer le pansement !
Permettez moi en premier lieu de répondre à notre éminent collègue Fred Thorel qui lors du débat d’orientation budgétaire s’étonnait que nous tenions tellement rigueur à l’encontre de l’Etat des politiques d’austérité qui risquent à terme de mettre en difficulté la libre administration des collectivités.
Notre collègue, nous invitait même à enjoindre N.Sarkozy de « laisser Amiens tranquille une bonne fois pour toute » sur le ton de la plaisanterie.
Les privatisations définitives de France télécom et celle rampante de la poste ne nous a pas permit de joindre Mr le Président !
Je me suis donc demandé ce qui avait poussé à la grogne ces milliers de maires, conseillers généraux, régionaux et sénateurs de tous horizons politiques ?
Disposeraient-ils d’une résidence secondaire à Amiens qui les auraient amené à pousser une révolte contre l’injustice qui frapperait la seule ville d’Amiens, privée des bonnes grâces de l’Etat par les pertes de recettes, compensations, dotations, et compensations dorénavant perdues par une scélérate réforme fiscale en préambule du charcutage territoriale, électoral et de la privation de la clause de compétence générale ?
Détrompez vous ! Aucun n’est amiénois et chacun est un scrupuleux gestionnaire des finances publiques face à une cour des comptes qui saurait se rappeler à son bon souvenir contrairement à un Etat dispendieux ayant recourt à l’emprunt pour équilibrer son propre budget de fonctionnement. Et il s’agit bien d’un mal plus profond qui va gangrener et asphyxier toutes les collectivités et institutions françaises dans le mois à venir si ne rien ne change au plus haut sommet de l’Etat.
Ou alors, pour rétablir nos finances, il nous faudrait déclarer la guerre à la Suisse, puis la perdre, afin d’être envahit et de disposer enfin d’une monnaie forte !
Oui Monsieur le Maire, c’est une France exsangue que l’on nous prépare ou plutôt, pour continuer la chanson, « c’est une France que l’on assassine… »… Sarkozisme !
Et le jour est proche ou nous n’auront plus que l’impôt sur les os !
Mais ce soir, vous nous offrait le temps de remettre à l’endroit le caractère courageux qui anime notre majorité.
La volonté politique de construire une ville solidaire, écologique et démocratique pour tous les amiénoises et tous les amiénois.
Ce ne sont plus les bâtisseurs de cathédrale et fournisseurs en pierre de taille qui viendront uniquement embellir une ville destinée à quelques rares privilégiés.
Ce soir nous réaffirmons au travers notre budget 2010 le grand tournant social et culturel qui va rendre Amiens à tous les amiénois et qui va faire renaître et décloisonner les quartiers populaires et leurs populations si longtemps abandonnés.
N’est-ce pas d’ailleurs ce qui a été évoqué dans les propos de Mr le Préfet lors des états généraux de la politique de la ville et je le cite : « j’ai été choqué de voir l’état de délabrement de Fafet-Brossolette » ou encore : « l’Etat approuve la volonté de la ville de s’occuper enfin de Fafet-Brossolette »… et des autres quartiers concernés par le projet ANRU réaménagé et étendu…
Comme si ces déclarations résonnaient comme un réquisitoire à l’encontre des politiques d’abandon de nos prédécesseurs.
Nous ne pouvons qu’approuver les réajustements financiers consentis par notre majorité pour abonder de 10 millions supplémentaires aux 35 millions initialement votés et cela sans compensations complémentaires de l’Etat qui s’ajouteront aux 350 millions votés par l’agglomération. De quoi faire rougir d’envie Fadella Amara.
Le plan de relance gouvernemental s’arrêterait-il aux portes des quartiers populaires pour ne profiter qu’une fois encore aux entreprises déjà largement exonérés de cadeaux fiscaux ?
Revenons-en à notre budget de résistance face aux politiques nationales de restriction, autour de notre budget offensif pour le mieux vivre des amiénois.
Nous faisons ce soir la démonstration qu’avec moins d’apport financier d’Etat et sans augmenter la pression fiscale, ce qui va épargner les ménages, nos choix politiques seront de privilégier l’intérêt général. Progressivement nous nous dégageons des contraintes antérieures et c’est comme cela que nous allons faire plus et mieux.
Avouons tout de même qu’être dirigé par des gens qui fixent le prix de la betterave sans être capable de faire pousser des radis est un scandale !
Mais puisque qu’à Amiens, ville de la rumeur, cette dernière est tenace, il va nous falloir démontrer une fois de plus que face aux dispositions présidentielles qui ne visent qu’à freiner nos capacités d’investissements sauf à les faire peser sur les ménages, la ligne Sarkoziste en matière de répartition des richesses avantageant les plus favorisés va être contrariée.
C’est cela qui va différencier une gestion de droite et une gestion de gauche.
C’est comme cela que nous allons prendre à contre pied les politiques d’austérité que l’on voulait nous imposer.
Même si les conneries c’est comme les impôts, on finit toujours par les payer ! D’où l’urgence d’en finir avec ce gouvernement dans la rue comme dans les urnes…
5 millions d’euros (sur les 30 programmés en 5 ans) en faveur de la politique du logement (10 fois les budgets annuels précédents) alors que dans le même temps l’Etat baisse de 30% ses crédits alloués à la politique social du logement. Du jamais vu depuis 20 ans. De quoi faire rougir Benoist Apparu et Roselyne Bachelot.
6 millions d’investissements travaux (sur les 45 programmés en 6 ans) dans les écoles, crèches et centres de loisirs (une somme inexistante avant 2009) alors que dans le même temps l’Etat s’attaque au statut des salariés de l’éducation publique. Amiens parie sur l’avenir et sa jeunesse. Du jamais vu depuis 20 ans.
6 d’engagés sur un exercice global de 31 millions en 6 ans en faveur de la construction de nouveaux établissements scolaires contre quelque 1 million programmés les années antérieures et non réalisées. Du jamais vu depuis 20 ans.
Un véritable projet éducatif global prenant en compte les besoins de la jeunesse sur l’ensemble des quartiers d’Amiens, alors qu’il n’existait pas de ligne budgétaire les années précédentes sur ces initiatives ni de volonté politique. Du jamais vu depuis 20 ans.
500 mille euros afin d’adapter notre ville aux personnes âgées et handicapées, ce qui placera notre ville depuis nos efforts de 2009 à un taux d’accessibilité des édifices publics de 70%. Qu’elle participation d’un Etat omni absent. Du jamais vu depuis 20 ans.
3 millions en faveur de l’aménagement des voiries et espaces verts, sans prendre en compte les opérations contenues dans l’ANRU. Du jamais vu depuis 20 ans.
531 700 euros (+247 700 d’euros par rapport à 2009) pour la lutte contre les discriminations. Du jamais vu depuis 20 ans.
556 milles euros pour le fonctionnement et la pérennisation des emplois au seins des centres de loisirs (+ 214 550 mille euros). Du jamais vu depuis 20 ans.
100 mille euros destinés au recrutement de personnel chargé de mission et d’assistance sociale auprès du CCAS.
Tout en rappelant le doublement des aides facultatives passant de 130 mille euros en 2008 à 300 mille aujourd’hui. Martin Hirsh en a rêvée et il n’a pas reçus les crédits nécessaires. Nous l’avons fait.
En 2010 ce sont 100 mille euros supplémentaires qui seront affectés au budget global du CCAS.
Du jamais vu depuis 20 ans.
Concrètement, entre 2008 et 2010 le budget des aides facultatives aura été triplé et ce sont près de 510 000 euros qui auront été affecté à l’action sociale du CCAS.
Dites le pour moi… du jamais vu…
Près de 3 millions affectés sur 3 ans aux services à population etc…
J’entends bien le silence pesant sur les bancs de nos collègues qui avaient le cœur sur la main mais le portefeuille dans la poche révolver cousue de fil d’acier ! Mais les temps changent.
Et je n’évoquerais que partiellement le sujet de la sécurité et de la prévention des risques pour lesquels nous abonderons de près de 2 million d’euro en absence des politiques de prévention de l’Etat policier dont ces jours derniers les fonctionnaires de police ont rappelé le peu d’attention qui leur été apporté cantonnés à faire le jeu d’une politique toute répressive et se moquant bien du rôle de médiation qu’ils entendraient jouer au quotidien ?
Je conclurais enfin sur une dernière note positive. L’action positive des outils de la démocratie locale au travers les coordinations associatives, les conseils d’habitants, les balades urbaines, les visites de quartiers, les forums de l’urbanisme etc… autant de moment de rencontres privilégiées avec les habitants co-élaborateur de toutes les politiques structurantes en matière de déplacement, embellissement du cadre de vie, logement et de réinstallation des comité de quartier dans un rôle nouveau et valorisant, subventionnés à hauteur de leur projet innovant et participatif.
Un dernier mot pour relater la richesse de ces rencontres. La dernière en date ayant permit de repenser le redéploiement des banques alimentaires, des épiceries solidaires dans chaque quartier aujourd’hui oubliés et qui contraignent les familles à se déplacer d’un bout à l’autre de la ville.
La prospective est engagée pour corriger ces absences mais pour aussi des transports adaptés afin d’accompagner nos populations les plus fragilisées. Et je ne m’étendrai pas sur notre projet des jardins coopératifs et solidaires.
J’arrêterais la ces quelques exemples. Ils mettent en évidence notre politique ambitieuse et volontariste qui affirme un choix d’orientation budgétaire à l’inverse des 20 dernières années. Un budget véritable bouclier social qui sonne l’offensive d’un vrai plan de relance économique et social pour Amiens et ses populations.
Alors oui chers collègues de l’opposition nous poursuivons méthodiquement nos politiques afin de gommer ces inégalités trop longtemps tolérées.
Et il ne suffira pas d’invoquer « sauver sauver la France, au nom du sacré cœur… » Pour que nous renoncions à ces politiques novatrices de gauche.
Un autre s’est déjà désolidarisé en chantant « ne m’appelez plus jamais France, la France m’a laissée tomber… » Comme le chef de l’Etat souhaite le faire vis-à-vis des collectivités locales, Amiens ne se laissera pas abusée.
M’en voudrez vous beaucoup si je vous dit une ville en passe de gagner son pari de la solidarité réinventée.
Des quartiers en centre ville, des faubourgs villageois, des vallons en collines, du printemps qui va renaître après 20 années de mortes saisons. De ce que nous vivons et écrivons ensemble et de ce que nous imaginons, nous n’en finirons pas d’écrire ta chanson. Amiens, notre capitale, notre France.
Pour conclure Mr le Maire,
Mes cher-e-s collègues,
Permettez nous de vous inviter afin de continuer à faire vivre cet air de liberté au delà nos frontières et dans notre ville, pour ces peuples étrangers, et parce qu’aujourd’hui certains usurpent le prestige de notre France, notre France qui continue de répondre au nom de Robespierre.
Au nom du groupe « Communistes et Citoyens » nous déclarons qu’il est temps que le malheur succombe. C’est le sens du budget qui nous fait être ses ardents acteurs.
Nous voterons notre budget « Unis et Solidaires »
Nous vous remercions de votre attention.